La plateforme “Paix 2020” que coordonne l’ancien ministre Serge Ghislain Djorie a effectué du 19 au 25 janvier dernier, une mission de travail à Shanghai, en Chine. Au cours de son séjour, la délégation composée des opérateurs économiques de la République centrafricaine a entamé avec la Chambre de l’industrie de Shanghai, les négociations pour la création de la plateforme “Club de développement de l’Afrique” et la mise en place d’une Chambre de commerce d’industrie Chine-Centrafrique… Serge Ghislain Djorie dévoile les tenants et aboutissants du projet dans une interview accordée à la radio Ndeke Luka.
Faire baisser le prix des produits sur le marché pour le bonheur des populations de la République centrafricaine, de la Cemac et de l’Afrique. Telle est entre autres ambition de la plateforme “Paix 2020” des anciens ministres Serge Ghislain Djorie et Aristide Briand-Reboas. Pour y arriver, la plateforme a décidé de s’appuyer sur la Chine, notamment la Chambre de l’industrie de Shanghai avec laquelle des négociations ont démarré en vue des relations commerciales avec les opérateurs économiques de la République centrafricaine, de la Cemac et de toute l’Afrique.

L’objectif final étant la réduction du coût des produits sur le marché.Dans une interview accordée à la Radio Ndeke Luka, Serge Ghislain Djorie a expliqué que la plateforme “Paix 2020” qu’il coordonne travaille pour le développement et le bien-être de la population centrafricaine. C’est à ce titre qu’elle multiplie les initiatives devant booster le développement que les Africains et particulièrement, les Centrafricains appellent de tous leurs vœux.
« … le prix des produits sur le marché est très exorbitant et ça ne répond pas au panier du ménage. Et ceci n’est pas exclusif pour la République centrafricaine, c’est aussi sur tout le continent que nous constatons cela, malgré la richesse de nos matières premières… », a dit l’ancien ministre de la communication. A l’en croire, cette situation qui prévaut sur le continent appelle à la création d’une nouvelle dynamique. « C’est cette dynamique que nous avons créée et mise en place à travers une plateforme … dénommée “Club du développement de l’Afrique” », a clarifié Serge Ghislain Djorie.
Vers la mise en place d’une Chambre de commerce…
Outre la plateforme “Club du développement de l’Afrique”, le Coordonnateur Serge Ghislain Djorie a annoncé que le projet inclue la création d’une Chambre de commerce et d’industrie Chine-Centrafrique dans un premier temps, et Chine-Cemac dans une seconde phase.Les démarches en coursSelon les clarifications de l’ancien ministre Serge Ghislain Djorie, la mission effectuée du 19 au 25 janvier 2025 en Chine est la première d’une série. Elle a regroupé en son sein les opérateurs économiques clairement identifiés de la République centrafricaine.
« Nous sommes allés à Shanghai plus précisément, et nous avons rencontré nos amis de la Chine, notamment à travers la chambre de l’industrie de Shanghai qui a bien voulu nous recevoir et qui a ouvert la porte. Et nous avons entamé les négociations puisque nous avons établi et élaboré un TDR que nous avons présenté à nos amis chinois qui avaient validé. Et nous devons maintenant aller vers la mise en place d’une Chambre de commerce de l’industrie Chine-Centrafrique », a fait savoir l’ancien ministre.

Serge Ghislain Djorie a ensuite décrit les prochaines étapes du projet. Il s’agit de l’élaboration des textes du club (travaux en cours) et de leur validation, de l’organisation d’une Assemblée générale et de la transmission desdits textes à la Chambre de commerce et de l’industrie et au ministère en charge de l’administration et du territoire.
« … nous sommes en train d’élaborer des textes, premièrement les statuts et règlement intérieur. Quand nous allons peaufiner les textes et puis valider la composition du bureau, en ce moment-là, nous allons tenir une première Assemblée générale à l’effet de renforcer le dispositif en termes des membres du bureau, et puis déposer les documents au niveau de la Chambre du commerce et de l’industrie pour être validés, et aussi au niveau du ministère en charge de l’administration et du territoire », a-t-il informé.
Mars, mois décisif pour la concrétisation du projet
Dans combien de temps vous espérez réaliser ce projet pour que le Club du développement de l’Afrique soit mis en place et que cette Chambre du commerce et de l’industrie soit aussi opérationnelle ? A cette question du journaliste de radio Ndeke Luka, l’ancien ministre a répondu que l’initiative en cours est un projet à court terme. Aussi, la première mission à Shanghai a permis de valider un certain nombre de choses.
« Nous sommes en phase de rédaction. Mais ce qui va un peu retarder pour le moment, c’est parce que la Chine est en fête de fin d’année. Ils vont reprendre à partir du 19 février 2025. Et c’est à partir du 20 février que nous allons commencer à échanger les textes qui sont déjà en cours d’élaboration et de validation de notre côté. Donc, si tout va bien, d’ici le mois de mars, nous allons mettre en place cette dynamique et puis valider les documents et avoir l’agrément », a annoncé le Coordonnateur Serge Ghislain Djorie.

La réforme du franc CFA
La réforme du franc CFA était également au menu de l’interview accordée à la radio Ndeke Luka. Sur la question, l’ancien ministre a confié qu’un mémorandum a été rédigé dans ce sens pour primo, demander que le franc CFA soit frappé dans l’un des pays membres utilisant ce franc, surtout pour l’espace Cemac, et secundo, appeler à la mise en circulation d’une nouvelle monnaie.
« … cette monnaie (franc CFA, ndlr) nous bloque et ça permet à certaines entités de nous tirer toujours vers le bas. Et je pense qu’il est temps que nous prenions nos responsabilités pour lancer un mécanisme à l’effet maintenant de voir la question du franc CFA. Nous ne voulons plus de cette monnaie. Il faudrait envisager pourquoi pas, une monnaie qui pourrait être facilement convertible », a défendu le Coordonnateur de la plateforme “Paix 2020”.
Serge Ghislain Djorie a également fustigé le flou autour de la gestion du compte d’opération implanté en France.
« De 1960 jusqu’à 2025, on continue toujours à ne pas avoir la clairvoyance sur notre propre compte qui est domicilié quelque part. C’est à ce titre que nous lançons un appel solennel. Pour le moment, le mémorandum est déjà prêt. Nous allons, à travers les représentations diplomatiques, l’envoyer aux différents chefs de l’Etat de la sous-région et puis, au chef de l’Etat qui préside la Conférence des chefs de l’Etat pour pouvoir contacter ses pairs à l’effet d’avoir une description claire sur cette monnaie », a-t-il conclu.

















